1er octobre, un mois déjà passé en Inde.

Comment décrire la folie ambiante de ce pays? Les adjectifs se bousculent mais comment expliquer?

J'étais un peu nerveuse de revenir en Inde cette fois ci. Il y a 2 ans j'étais avec Alice et on avait passé 1 mois comme sous acides à rigoler sans s'arrêter seulement quand on dormait, et encore. Est ce que ça va être la même hallu cette fois ci? Est ce que cette sensation d'être sous champi c'était seulement parce que j'étais avec Alice? Et puis cette arrivée qui s'annonce grandiose: débouler à Bombay à 3h du mat pour reprendre l'avion pour Chennai à 8h le soir même. Une grosse journée à tuer et je me vois mal trimbaler ma valise à roulette, mon mac dans le dos et mon sac à photos dans les slums. Alors quoi? La première solution est de rester à glander dans l'aéroport. Mais bon. En arrivant je me rends bien compte de la débilité de mon plan. Je book n'importe quel hôtel et passe la journée à dormir. En prenant le taxi en fin d'après midi, je me rends compte que j'étais à 2 mètres de la plage.

PFFFFFFFFFFF! Qu'est ce qu'il m'a pris de m'angoisser comme ça?

A peine arrivé que c'est le même bordel qu'avant. J'arrive sous les feux d'artifices. Et puis ça commence dès le premier matin. Chennai, je bois mon chai assise dans ces fameuses gargotes. Le trafic dehors. Un homme depuis l'autre côté de la rue traverse en esquivant les bagnoles, les bus et les rickshaw, fonce dans la gargote, attrape le pichet d'eau à ma table, bois à pleine gorgée, repose le pichet et repars sans que personne ne réagisse. VOILA! Ca c'est l'Inde.

Le rickshaw ou le respect du code de la route à l'Indienne. Les indiens, de nature toujours un peu perchée, se transforment complètement lorsqu'il s'agit de conduire un véhicule. Ca devient l'anarchie totale. Le rickshaw essai de dépasser la moto, qui essai de dépasser le rickshaw, qui essai de passer la moto qui ne va certainement pas laisser passer et ainsi de suite. Alors toute cette joyeuse compétition s'accorde avec un mélodieux concert de Klaxons à crever les tympans. Que dire de leur sens du respect du code de la route? La méthode est  encore la même. User à fond du Klaxon pour prévenir que l'on passe, que l'on va écraser un piéton ou forcer le passage. Evidemment personne ne cède un pouce de passage. 

La première semaine chez David, un louchsurfer américain. Je sais pas pourquoi, il y a que les américains pour l'héberger...ou presque. David est l'expat superstar de Chennai surtout grâce à sa pote Nipsi qui bosse à la téloche et qui lui refile tout plein de plans pour être médiatisé. On l'utilise pour illustrer des articles sur la vie des expats à Chennai, ou comme gringo pour faire de la figuration. Dans la presse il s'amuse à clamer qu'il aime pas les bars branchouilles des grands hôtels de Chennai et qu'il préfère largement sortir là où sont les locaux. Mais quel menteur! Il me traîne dans ces bars d'hôtels où on joue de la musique occidentale et où la jeunesse hype de Chennai se retrouve ultrasapée: les filles à talons vertigineux et aux jupes si courtes qu'on dirait qu'elles ne portent qu'un t-shirt.Au dernier soir, David m'emmène dîner chez Leila, une étudiante Belge. Sa maison au bord de la mer, un toit terrasse gigantesque "comme au maroc" dit Leila avec émotion. Je ne m'arrête plus de m'extasier sur sa magnifique maison à coups de "WOAW Leila ta maison elle est super, je veux vivre avec toi" ce à quoi Leila répond "ben t'as qu'à rester!" Il en a pas fallu plus pour me convaincre. Le lendemain j'ai annulé mon billet pour Bombay et suis restée 2 semaines de plus.

Je vis donc 2 semaines dans cette incroyable maison avec ces 3 nanas. Claudine qui vient du Canada, Leila de Bruxelle et Joane de Californie! De vivre avec 2 francophones, je suis devenues une fontaine à parole! Je ne m'arrête plus. Comme une envie de pisser, je reparle avec une grammaire correcte!!!

Les 2 semaines s'achèvent. Leila était à deux doigts de me convaincre de m'installer avec elles. Les filles ne veulent plus me laisser partir. Elles ont même organisé une fête sur le toit le dernier soir, en espérant me faire boive jusqu'à la mort me faire colmater le lendemain à en rater mon avion.

Et bien j'ai pas raté l'avion...