En quoi le cirque se prête à l'identité de Sao Paulo?

Il ne s'agit pas d'affirmer que le cirque FAIT l'identité culturelle de Sao Paulo mais est-il possible d'établir une connexion entre cet art et la ville et en déduire que le cirque est assortie à la ville de Sao Paulo?

A priori, le cirque n'est pas la référence culturelle la plus flagrante du Brésil. Sa culture se réfère surtout à la musique et à la danse: capoeira, candomblé, samba, bossa nova, carnaval, football....Une culture riche et populaire de la diversité et afro brésilienne. Géographiquement, celle ci est plutôt associée au nordest du pays et aux villes de Rio de Janeiro ou Salvador, des villes côtières où la tradition est encore très ancrée.

Sao Paulo est la capitale économique. Une ville tentaculaire grande comme trois fois l'Ile de France peuplée de près de 17 millions d'habitants. Eloignée de la côte, on se distrait en consommant.Business et entertainement. Ici la fête ne se conçoit pas comme à Rio ou Salvador. Sorties dans les bars et discothèques. Rendez vous dans un club de samba et constatez que personne ne danse tant que l'on est pas ivre. Encloisonné par autant de béton, est-il possible de faire éclater la fête ou de se laisser aller à la nonchalance? Cela ne veut pas dire que la retenue est comparable à l'Europe ou l'Amérique du nord mais elles en incarnent le modèle culturel.

Aussi, si le cirque est plus associé à la culture chinoise, russe, française, canadienne, d'après Marco Vettore-directeur de la compagnie Nau de icaros- il eut un rôle certain dans les manifestations populaires comme à l'apparition de la radio, du cinéma, la télévision.
Aujourd'hui, dans les villes de Sao Paulo et Rio, les infrastructures sont inexistantes pour recevoir des chapiteaux et il est interdit de posséder des animaux "de cirque", ce qui rend rend la diffusion de cet art presque impossible.

Constatons ceci:

D'un côté, la compagnie Nau de Icaros, qui n'est pas une compagnie de cirque à proprement parlé mais se base également sur le théâtre, la danse contemporaine s'appuies très fortement sur les cultures afro brésilennes. Elle y puise dans ses racines gestualité, spiritualité, esthétisme (maquillages et costumes), rythme et les applique dans un autre contexte afin de perpétuer une culture populaire qui pourrait se perdre ou que la plupart ont tendance à oublier.

D'un autre côté, la classe professionnelle de l'école de cirque Galpao do circo a quant à elle invité le chorégraphe André Mandorino à monter leur spectacle. Travaillant en France, André Mandorino a très fortement orienté le spectacle sur la voie de la danse contemporaine. Si les numéros se succèdent comme dans le cirque traditionnel ou le cabaret, y sont imbriquée des parties dansées mêlée de dramaturgie.

Le parallèle est le suivant:
Sao Paulo est une ville cosmopolite, la plus métissée du monde peut être où y sont concentrées toutes les cultures du monde. Son urbanisme, sa modernité, son ébullition et ses contrastes me font penser à la dimension payenne du cirque. Un spectacle structuré par le mélange des disciplines s'accorde complètement avec l'idée de mixture. Sao Paulo est réputée comme une ville dangereuse. Le principe de l'effet de spectacle dans les numéros de jongle, acrobatie, animaux, trapèze etc...ne tien t-il pas lui aussi de la mise en danger? Comment ne peut-on pas faire l'association entre carnaval et cirque de rue? Son esthétisme aussi? Et enfin, comment ne peut-on pas faire l'association entre l'énergie de la ville et celle de l'art circacien?

Le cirque s'harmonise-t-il autant avec la Chine, la Russie, la France ou le Canada où cet art y est plus ancré?

Je pense à l'expression "c'est le cirque!" pour dire que c'est le bordel.Sao Paulo c'est le cirque. Le brésil entier c'est le cirque.
"O do borogodo!"